Rester mobilisé après la crise pour se rapprocher du bonheur !
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Une fois la crise passée, nous nous installons de nouveau dans les vieilles habitudes

Jean Marc Cottet

Jean Marc Cottet

Organisateur du salon On est bien ! - Gérant de La Fabrique des Embellies

Rester mobilisé après la crise pour se rapprocher du bonheur !

Au delà des difficultés et souvent des drames humains qu’elles génèrent, les crises sont des révélateurs de potentiels. Lorsque la survie de l’entreprise est en jeu, les dirigeants et les salariés font souvent alliance pour innover, trouver des sources d’économie et remettre en cause quelques habitudes ou privilèges. Mais nous l’avons aussi constaté: la crise passée, l’engagement s’érode progressivement.

Ce phénomène est également observable dans les SCOP (Société COopérative et Participative). Dans ces entreprises atypiques (moins de 5% des entreprises françaises), plus de 50% des salariés sont associés au capital, et possèdent un pouvoir déterminant dans les prises de décisions stratégiques. Et pourtant, même dans ces entreprises structurellement participatives, l’engagement diminue à mesure que la situation s’améliore.

Les crises permettent la mobilisation du meilleur de l’humanité

Dans son livre « plaidoyers pour l’altruisme » , Matthieu Ricard nous démontre que contrairement aux idées reçues, les crises activent la solidarité, l’entraide, le don de soi, l’altruisme… Ces compétences humaines donnent l’occasion de faire face collectivement, et permettent à chacun de prendre sa part dans la résolution des difficultés. Grâce à elles, nous nous sentons profondément humain. Fiers d’être humain !

Une fois la crise passée, nous pourrions mettre collectivement et individuellement ces compétences au service d’une transformation des relations sociales et obtenir des gains substantiels en matière de qualité de vie, d’harmonie collective dans l’entreprise. Pourtant, nous nous installons dans une forme de paresse qui nous pousse à renoncer et nous retournons à nos vieilles habitudes.

Certes, nous allons bosser avant tout pour gagner notre vie. Préserver l’outil de travail est donc un besoin vital. Mais la réalisation de soi est également un facteur déterminant (la perte d’un emploi a des conséquences qui dépassent la précarité financière qu’elle génère).

Si nous ne devons avoir qu’une certitude, c’est que nous aspirons tous au bonheur. Et comme nous passons au travail une bonne partie de notre vie, l’entreprise est un lieu idéal pour poursuivre cette quête.

Alors, quels bénéfices tirons-nous à nous priver d’un tel potentiel ?

Le graal est en nous, mais nous reculons devant l’occasion de le trouver. En fait, la perspective d’atteindre le bonheur nous tétanise. Une forme de peur de gagner à la loterie de la vie !

Revenus en eaux calmes, nous refusons de croire que les choses pourraient aller encore mieux. Nous refusons de nous confronter au changement. Nous reconstruisons en interne une adversité qui justifie nos difficultés.

C’est au dirigeant d’entreprise, qu’elle soit participative ou basée sur un mode de gouvernance plus traditionnelle, que revient la responsabilité d’enclencher le cercle vertueux du bien-être.

Face à la peur du changement, le meilleur antidote est la confiance.

Trois pistes à travailler pour tirer parti de ce potentiel:

– Poser des actes concrets qui matérialisent et renforcent la confiance des dirigeants envers leurs équipes,

– Afficher la plus grande transparence possible sur la situation économique de l’entreprise, et sur les modalités de partage de la richesse produite, afin de renforcer la confiance des équipes envers les dirigeants

– Consacrer une partie des plus values à la concertation interne.

La mise en oeuvre par le dirigeant de ces principes n’est pas simple: elle s’accompagne souvent d’un travail de développement personnel qui lui permettra de les vivre sereinement.

Ainsi, l’entreprise se donne une nouvelle chance de profiter de la confiance mutuelle, de l’habitude de coopération qui se sont instaurées. Elle pourra amplifier la transformation, et s’enrichir d’un nouveau contrat social. Pour le plus grand bénéfice de tous.

 

Chronique publiée en septembre 2016 dans « ECO Savoie Mont Blanc »

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