Non à la QVT ! Vive le bonheur au travail
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Accepter l’idée de bonheur au travail, c’est accomplir une forme de révolution personnelle

Jean Marc Cottet

Jean Marc Cottet

Organisateur du salon On est bien ! - Gérant de La Fabrique des Embellies

Non à la QVT, vive le bonheur au travail !

Depuis le temps qu’on tourne autour, qu’on se fait des colloques et des salons, le bien-être au travail a maintenant ses lettres de noblesse. Trois lettres précisément: QVT
Il suffit de prononcer ses trois lettres mystérieuses pour passer instantanément du côté des initiés. QVT, ça fait pro, ça fait sérieux, bien encadré par une norme. Ça fait « validé par le gouvernement».
La Qualité de Vie au Travail vient donc s’installer à côté de ses grandes soeurs: La RSE * et la prévention des RPS**.

Ca sonne mieux que « le bien-être au travail ».

Le bien-être au travail, ça fait un peu hippie. Ça fait poète ! Ils sont même quelques uns, ces utopistes, à parler carrément de bonheur au travail !
Si l’on voit le verre à moitié plein, c’est une bonne nouvelle: parler de Qualité de Vie au Travail est une avancée. Pourtant, ce terme présente l’inconvénient de déshumaniser le concept. Il y a un côté froid, comme une peur de l’échec. Parler de Qualité de Vie au Travail, c’est déjà limiter les ambitions. Un côté « on a fait ce que l’on a pu ». Une façon de ne pas y croire.

Et si on lâchait enfin les chevaux ? Autorisons nous à considérer le travail comme un lieu d’épanouissement.  Affirmons que notre volonté commune est de faire des entreprises des lieux de progrès, qui contribuent au bonheur de l’humanité.

Comme l’a dit Victor Hugo: L’utopie, c’est la vérité de demain.

A la demande du gouvernement, Nicole Notat et Jean Dominique Senard  (patron de Danone) ont rédigé un rapport: «L’entreprise, objet d’intérêt collectif ». Ils proposent d’inscrire dans le code civil le concept de « raison d’être » pour les entreprises.
Présenté sous cet angle, on peut rapidement s’entendre sur l’idée que la raison d’être des entreprises est de contribuer au bonheur de l’humanité. Un formidable levier pour donner du sens à l’engagement des dirigeants et des salariés. 

Tant qu’à faire, le plus simple est de commencer par le bonheur des salariés.

Accepter l’idée de bonheur au travail, c’est accomplir une forme de révolution personnelle. C’est un changement complet de paradigme.
On peut commencer par se construire une nouvelle relation au travail. Sortir d’une vision duale de la vie, qui fait que l’on existe par opposition: il faut des lieux de mal-être pour que le bien-être existe. Il me faut des adversaires pour être valorisé. Être heureux au travail, c’est accepter de renoncer à cette dualité. C’est aussi faire confiance à l’encadrement et au patron. Et ce n’est pas confortable.

Pour les dirigeants, l’encadrement, il est nécessaire de repenser l’organisation interne, afin que chaque membre des équipes se sente véritablement acteur de la vie de l’entreprise, et pas simplement l’exécutant de décision mal comprise ou non partagée. C’est investir une forte confiance dans les équipes. Et c’est souvent encore difficile à accepter.

Pour atteindre cet objectif, nous pouvons commencer par changer des petites choses.

– Le sourire que l’on prend le temps de s’échanger le matin, la salle de pause confortable où chacun peut librement se rendre, les séances de massage assis proposés sur le temps de travail, le temps passé à écouter et prendre en compte l’avis de ses collaborateurs… tout cela contribue à densifier les relations humaines dans l’entreprise.

– La mise en place d’ateliers collectifs, des stages de développement personnel, un accompagnement au changement viendront compléter ces dispositifs. Une véritable transformation personnelle et collective.

Oscard Wilde a écrit: La sagesse, c’est d’avoir des rêves assez grands pour ne pas les perdre de vue lorsqu’on les poursuit.

Alors acceptons de voir grand:  Le bonheur au travail, c’est de la QVT avec de l’amour dedans.

*Responsabilité Sociale des Entreprises

** Risques Psychosociaux.

 

Chronique publiée en avril 2018 dans « ECO Savoie Mont Blanc »

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