Ne sortez pas de votre zone de confort: agrandissez là !
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Sa sécurité intérieure est sa « zone de confort ». Il n’en sort pas et elle l’accompagnera sur Mars

Jean Marc Cottet

Jean Marc Cottet

Organisateur du salon On est bien ! - Gérant de La Fabrique des Embellies

Ne sortez pas de votre zone de confort: agrandissez là !

Parmi les concepts du développement personnel, la fameuse « sortie de sa zone de confort » tient le haut de l’affiche actuellement. Il suffit de trainer un peu sur Facebook, ou de surfer sur les blogs pour le constater. Cette satanée zone de confort nous empêche d’être génial, de tomber amoureux, de découvrir de nouvelles saveurs, de progresser dans notre carrière ou de mettre notre potentiel au service de notre entreprise. Pire, elle compromet l’évolution de notre société, en nous attachant aux avantages acquis.

Ainsi le monde se diviserait en 2 catégories. D’un coté, les accros à la charentaise, enfermé dans leurs habitudes et gaspillant leur potentiel créatif. De l’autre les audacieux, toujours à la recherche d’une nouveauté: les premiers de cordée.

Cette approche du développement personnel a l’avantage de présenter une recette à tous ceux qui ne sont pas satisfaits de leur vie. « Acceptez de sortir de votre zone de confort, et vous découvrirez un champ d’exploration formidable » nous dit on. Peine perdue dans la plupart des cas, et pour une bonne raison:

Rester dans sa zone de confort est indispensable!

Notre zone de confort, c’est là où nous sommes en sécurité. C’est l’héritage d’une expérience que nous partageons avec tous les membres de l’humanité: la naissance. Cette période de notre vie laisse une empreinte inconsciente et indélébile en nous. Nous étions bien au chaud, dans notre « zone de confort » matricielle, puis soudainement expulsé. Une expérience émotionnelle et physique extrême et douloureuse. Arrivé dans un nouveau monde, nous ne devons notre survie qu’à l’accueil de ceux qui nous entourent.

Cette expérience nous marque définitivement. C’est lorsque que nous manquons de confiance sur notre capacité à garder notre intégrité dans la nouvelle situation, et sur celle des autres à y contribuer que nous résistons au changement. Jusqu’à ce que la vie nous y oblige, à l’image des contractions maternelles.   

Thomas PESCQUET, l’astronaute français, a comme rêve d’aller sur mars !  Il parait que ce sera possible dans une dizaine d’année. Un aller / retour de 400 jours que personne n’a jamais fait, vers une planète invivable et dont la partie la plus risquée est le décollage du retour. Un formidable défi humain et technologique. A ce niveau, peut-on encore parler de « sortir de sa zone de confort » ?

De la confiance en l’autre et une sécurité intérieure bien musclée

Thomas PESCQUET sait qu’il n’est pas seul. Une équipe soudée de techniciens et d’ingénieurs, mobilisera toute ses compétences avant et pendant son voyage. Cette équipe aura un seul objectif: lui permettre de revenir sur terre. C’est d’abord sur cette conviction profonde qu’il va construire sa confiance. Il s’appuiera également sur une sécurité intérieure extrêmement solide construite au cours de son histoire, encore en interaction avec les autres, et sur l’expérience de ses relations avec ses collègues. C’est cette sécurité intérieure qui fait office de « zone de confort ». Il l’emmène partout, il n’en sort pas et elle l’accompagnera sur Mars.

Renforcer la solidarité pour accompagner le changement

Dans l’entreprise comme dans la vie personnelle, c’est encore la sécurité intérieure de chacun qui permet d’avancer vers de nouveaux défis. Un processus dans lequel l’intime et le collectif sont intimement liés. Dans notre société,  les barrières entre professionnel et personnel se désagrègent et dans le même temps, nous sommes soumis plus que jamais à la peur du lendemain. Lancer des appels, souvent culpabilisant, à sortir de sa zone de confort  n’y changera rien: c’est à la fois en se transformant personnellement et en transformant l’organisation du travail que se construira une sécurité intérieure solide. Ainsi, bien au chaud dans notre zone de confort, nous pourrons partir joyeusement construire le monde de demain.

 

Chronique publiée en février 2018 dans « ECO Savoie Mont Blanc »

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