L’entreprise libérée : ça marche !
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 » Lorsque vous recrutez un collaborateur, vous lui accordez un capital confiance à la signature de son contrat. Il n’est pas permis de laisser ce capital s’étioler avec le temps « 

Pierre Yves ANTRAS

Pierre Yves ANTRAS

Directeur Général de Haute Savoie Habitat

L’entreprise libérée : ça marche !

Marie-Noëlle est assistante de gestion financière auprès de Haute-Savoie HABITAT, à Annecy. Elle a la liberté de compléter son temps de travail par des missions d’intérim interne. Elle découvre ainsi de nouvelles fonctions dans des services différents, ce qui a le mérite d’enrichir ses compétences. Quant à Gilles, informaticien au sein de la même structure, il a pu exprimer auprès de sa direction son besoin de travailler debout. Depuis qu’on lui a installé un walking-desk, il travaille en marchant et préserve son dos. Yohann est chargé d’opérations : il a pris l’habitude de suivre des cours de yoga dans le dojo spécialement aménagé dans les combles du siège. Des massages, des cours de Qi-Gong et de stretching y sont régulièrement dispensés, pour le bonheur des salariés. Car c’est bien de bonheur au travail dont il s’agit ! Et sur le sujet, Pierre-Yves Antras est intarissable. Le Directeur général de Haute-Savoie HABITAT s’exprime avec conviction et enthousiasme : « L’entreprise libérée ouvre la voie à la confiance et rend les salariés acteurs de l’entreprise. Haute-Savoie HABITAT privilégie une politique d’accompagnement et non d’autorité. Un jardinier, pour soutenir la croissance de ses graines, apporte un tuteur. En aucun cas il ne tire sur les feuilles pour les faire pousser plus vite ! Un bon manager fait de même : il reconnaît ses collaborateurs dans leur capacités à s’impliquer,  prendre des initiatives et décider ».

Débusquer le grain de sable

Pour Haute-Savoie HABITAT, l’aventure de l’entreprise libérée a débuté il y a 5 ans lorsque ce nouveau concept d’organisation commençait tout juste à être popularisé. « J’ai souhaité mettre en application les idées qui m’avaient été exposées lors d’une conférence d’Isaac Getz. J’ai donc lancé une première consultation en interne, pour évaluer le bien-être des salariés dans leur environnement professionnel », poursuit Pierre-Yves Antras. Y’a-t-il un grain de sable dans les rouages ? Comment y remédier ? Ce dialogue a abouti à des actions significatives, telles que la suppression des plages de présence journalières et des planning mensuels. Désormais, les salariés gèrent librement leur emploi du temps, dans le respect du code du travail et de l’intérêt collectif. En découle un esprit de confiance et de coopération qui stimule la créativité et la productivité au travail.

Le baromètre du bonheur

« Lorsque vous recrutez un collaborateur, vous lui accordez un capital confiance à la signature de son contrat. Il n’est pas permis de laisser ce capital s’étioler avec le temps. Au même titre qu’une entreprise de production réalise des investissements pour entretenir son parc de machines, une entreprise de services doit en toute logique en faire autant pour prendre soin de ses ressources humaines », complète le directeur général de Haute-Savoie HABITAT. Chaque mois, tous les salariés du groupe peuvent exprimer leur degré de satisfaction et émettre des suggestions par le biais d’un baromètre. Dernière initiative relevée : un temps de retraite de 3 jours en Ardèche, pour les 40 managers de l’entreprise. Ce moment particulier de recul, de ressourcement et de réflexion est conçu pour aider les dirigeants à trouver en eux des ressources inexploitées, au service d’une performance plus juste et durable. « Nous œuvrons pour que les personnes se comprennent, s’écoutent avec empathie et se parlent avec respect et bienveillance. C’est notre défi actuel ! », conclut Pierre-Yves Antras. Un positionnement à méditer !

N.L

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