Le coach et le clown
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« Coach et clown seraient-ils cousins germains au service de la transformation ? »

Corinne Jacob

Corinne Jacob

Un autre ECHO

Le coach et le clown

Cela ressemble au titre d’une fable contemporaine. Voyez un peu le décor : d’un côté le coach, avec ses concepts d’analyse transactionnelle, de théorie organisationnelle, de communication… De l’autre, le clown, avec son nez rouge, son costume, son approche basique et naïve, sa liberté et son humour. Le premier aide les organisations à prendre de la hauteur et à révéler leurs aptitudes. Le second témoigne à sa façon de la vie sociale, espérant provoquer une subtile prise de conscience ou des interrogations qui incitent au changement.

Coach et clown seraient-ils cousins germains, au service de la transformation ? Pour Corinne Jacob, il ne fait aucun doute que le clown d’intervention sociale marche dans le sillon du coach. Certes, en mettant parfois – souvent ! – les pieds dans le plat ou en se les prenant dans le tapis, mais en partageant la même intention : être vecteur de coopération et de transformation.

Faire un pas de côté

Avec plus de 30 années d’expérience en entreprise, Corinne Jacob est coach au service de la Qualité de Vie au Travail. Depuis 3 ans, elle intervient auprès des organisations avec son double facétieux qu’elle a prénommé PhiloïX. Son personnage de clown pose un regard impertinent, mais non moins pertinent, sur les situations sociales vécues dans l’entreprise. « Avec candeur et sensibilité, le clown ose dire tout haut ce que chacun pense tout bas. Il recourt à l’humour, mais aussi à la chanson et à la poésie pour révéler l’indicible. Du rire aux larmes, il touche les spectateurs dans leur humanité », explique Corinne qui va puiser au plus sincère d’elle-même pour incarner son personnage.

Dans ses interventions décalées, Corinne admet que le coach n’est jamais très loin. « Le coach se met à l’écoute de l’autre avec bienveillance pour créer la relation. Avec authenticité et empathie, le clown cherche à faire alliance avec le public. Les deux démontrent des qualités d’être évidentes. Le coach invite son client à changer de point de vue pour aborder son environnement. Le clown utilise le registre des émotions, du symbolique et de l’imaginaire pour retranscrire une situation. Les deux à leur manière peuvent alors provoquer un déclic, une révélation », analyse Corinne.

L’effet miroir

Avec subtilité et humilité, le clown d’intervention sociale met l’emphase sur les fragilités d’un dispositif et ainsi révèle les enjeux essentiels. « Sans agression ni ironie, mon personnage PhiloïX donne à voir ce qu’il ressent, ose montrer sa vulnérabilité, improvise pour s’adapter en permanence, se donne des permissions et ouvre des options… Dans son genre, il est modélisant », ajoute Corinne qui est supervisée en tant que coach et, aussi, en tant que clown par les co-fondateurs de la Clownanalyse®.

Assemblées générales, colloques, journées professionnelles, séminaires, sessions de formation… les occasions de tendre un miroir fascinant et éclairant à l’entreprise ne manquent pas. « Le clown introduit une dimension artistique dans les réunions de travail. Il libère la parole. Il ancre les messages en les synthétisant avec légèreté. Il aide à dédramatiser une situation ou à relancer un débat. Il apporte du rire et de la convivialité », conclut Corinne Jacob pour qui le personnage de clown vient signer sa spécificité de coach.

Propos recueillis par Nelly Lemar – Juillet 2018

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